Arts visuels: Christine Sefolosha abandonne le secret à Chillon – Actualités Culture: arts visuels

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Le plus intime de ses journaux chinois, le plus monumental aussi avec une longueur de cinq mètres, est toujours au sol dans la salle du château de Chillon. Christine Sefolosha se met à genoux, protège. L'artiste tente de supprimer le problème du montage par concentration extrême, un pot de colle blanche à la main, un fer à repasser à proximité. Il y a toujours cette trousse à outils en bois à proximité, qui ressemble à un ami pour toujours.

Elle prépare "Bateau-Monde" en vue de suspendre l'une de ses plus importantes expositions jamais organisées dans sa région, parallèlement à l'exposition de la Galerie Univers à Lausanne. La connexion avec la terre se calme, associe un esprit habité par un mélange fascinant de connaissances, de souvenirs et de visions, mais il est également naturel. Physique. C'est ainsi que travaille un sextarien dans son atelier de l'ancienne centrale de Montreux, qui peut parfois être surpris et réalisé par des chiffons imbibés d'encre. "Il y a toutes sortes de choses, un peu comme du marc de café, comme si elles sortaient de zones inconscientes." Des bêtes en métamorphose, des gratte-ciel à New York, des plantes qui humanisent, des fétiches amusants et des bateaux. Toujours des bateaux. Toute la vie sur ses toiles se chevauche, se croise, passe d’une réalité à l’autre, sans devenir nerveuse. Aucun interférer.

"Là, c'est moi", glissa-t-elle en montrant le personnage mi-humain mi-animal. Projection? État interne? "Non, c'est tout à fait intentionnel" – dit l'artiste. L'Arche de Noé est très personnelle, le bateau n'a pas d'endroit pour avancer ou reculer, contrairement aux autres navires de la flotte Sefolosh, il s'agit d'un cadre gelé. Peut-être même le désir de se souvenir du temps qui se disperse, comme cette maison dont les contours commencent à s'estomper. Face à l’énorme monotype, Christine Sefolosha réalise spontanément son rôle de guide. "Ce chiffre allongé est pour tout le monde qui est décédé, il n'y a personne derrière moi. En face se trouve la famille que j'ai créée (note: trois fils, Christophe, Kgomotso et Thabo)Mais, en réalité, tout le monde peut présenter son histoire ".

C'est tissé, déplié. Enfance à La Tour-de-Peilz, études terminées à Neuchâtel. Une passion pour un cheval qui l'amène à rencontrer un vétérinaire sud-africain. Il a 20 ans quand il s'envole pour le pays de ce dernier. Vient ensuite un nouvel amour et une immersion dans les villes. Pendant longtemps, ces différents mondes se sont remplis avant que l'autodidacte, à trente ans, lorsqu'il eut rencontré Vevey pour la première fois, n'interrompît pas leur amarrage intime. On dit que son art "particulier" est Paris, New York, Kyoto, avec les "outsiders" de l'art contemporain; continue à rallier l'odyssée de plus en plus de chimères. Leur origine est souvent personnelle, car cet ours bernois – un joli clin d'œil même au château involontaire de Chillon – se souvient de son origine paternelle. Ces références danse, rituel, fabuleusement, abondent comme dans "Bateau-Monde" dans la même nébuleuse brumeuse. "C’est difficile pour moi de me révéler, c’est pourquoi j’essaie toujours de trouver ce côté du temps."

Un double challenge

Pour choisir, Christine Sefolosha ne ferait que suspendre ce plafond inédit de la salle 18. Il existe d'autres récits de lecture à double face, d'autres ouvrages plus anciens, d'autres salles. Navires fantastiques, bateaux romantiques. Naufrages, coques de cercueils. Suspendues, elles sont toutes libres comme des voiles, prêtes à reprendre le souffle d'un visiteur qui passe, à l'instar de la lumière et de la différence entre ses débris. "C’est une salle très importante dans le château, la force est telle que nous nous sentons obligés de dialoguer de la même manière." Le défi était technique, imposé par la largeur de la presse, c’était aussi sémantique.

"J'avais tellement de choses en tête à propos des navires. Beaucoup d'histoires. Le monde des naufrages, les vestiges des civilisations perdues, des espèces de tombeaux qui colonisent les hommes de la mer et les coraux me fascinent depuis toujours. Mais je ne voulais pas faire une série d'épaves! ». Alors … est le souvenir de la belle mécanique CGN de ​​son enfance, le Titanic, qui lui a raconté à sa mère, le bateau à baleines du livre sur l'exploitation des baleines qui le caractérisait. Il y a aussi un capitaine dans le royaume abyssal, comme des bateaux fragiles incarnant les espoirs des migrants. Ces histoires, libérées de leur propre temps pour en créer un autre, vouées aux émotions, se faisant face et provoquant le même désordre. Ils ralentissent le rythme de l'existence, ils parlent sans verbalisation, deviennent plus forts!

Créé: 26.08.2019, 22:31