Réforme de la retraite: le bras de fer parlementaire commence lentement

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Amère «bataille de mots» au ralenti: l'argument de la retraite a débuté lundi à l'Assemblée dans une commission spéciale dans laquelle les oppositions, BIA à la tête de la réforme de la livre menée par la majorité.

La commission a mis plus de trois heures pour examiner 150 amendements au programme 21 661 … et le corapporteur Nicolas Turquois (modem) a rapidement condamné "l'opposition fondamentale" des rebelles, notamment pour "des mesures de solidarité unanimement reconnues" comme une "pension minimum de 1000 euros".

"Le pays est impliqué depuis près de 60 jours contre votre compte", a déclaré Adrien Quatennens (LFI), faisant référence au mouvement de grève qui secoue le pays depuis le 5 décembre. "Nous nous opposons à la philosophie complète du texte et à la duplicité", a déclaré la majorité Clementine Autain.

Les rebelles eux-mêmes ont soumis quelque 19 000 amendements pour utiliser "toutes les armes possibles pour retarder la décision finale", selon leur chef Jean-Luc Mélenchon, présent en commission lundi.

"C'est du ZADisme législatif", grogne le corapporteur LREM Olivier Véran. Cela se transforme en «absurdité», critique le ministre des Relations avec le Parlement, Mark Fesneau, qui pointe les amendements du LFI supprimant chaque paragraphe, y compris la retraite minimale ou les nuisances.

Il suffit de reprendre les travaux d'un comité spécial de 71 députés, qui menace de ne pas achever l'analyse de 65 articles du droit commun et de cinq projets de lois environnementales avant d'arriver en salle le 17 février. Les textes seront ensuite examinés dans les versions soumises par le gouvernement.

"Playmobil"

En préambule des débats, la présidente de la commission, Brigitte Bourguignon (LREM), a exigé "l'écoute mutuelle", "la paix" et "l'esprit républicain", même si les échanges "pouvaient parfois être animés" et "de profonds malentendus".

Les discussions sont restées polies, avec les premières voix violentes lors de l'intervention du communiste Sébastien Jumel, concernant le "playmobil sans âme" du LREM, dans le cadre de leur dernier vote contre la prolongation du congé funéraire après la mort de "l'enfant", dont la plupart ont reconnu l '"erreur" qu'ils avaient promis de corriger.

"Pour être honnête", "il n'y a pas d'âmes ici", "ce n'est pas un débat ce jour", a immédiatement répondu Brigitte Bourguignon (LREM).

Selon Eric Woerth, en marge du différend entre Insoumises et la majorité, la droite a jeté "l'énorme problème de lisibilité" de cette réforme, ce qui reviendrait à "recréer tant de régimes qui existent pour 95% des Français".

LR espère "jouer le troisième chemin entre le gouvernement et le blocus", explique le patron du groupe Damien Abad.

Outre l'essence de la réforme, les oppositions critiquent la forme: le texte "avec trous", notamment ses 29 règlements programmés et le "mépris" du Parlement, sur la base de l'avis du Conseil d'État, qui indiquait des prévisions financières "incomplètes".

A gauche, PS, PCF et LFI sont prêts à retirer tous les outils, y compris une motion de censure commune, mi-février ou, comme le souhaitent les socialistes, après les débats, essentiellement fin février.

A la commission, le socialiste Borys Vallaud a critiqué le «silence» du secrétaire d'État lors de la retraite de Laurent Pietraszewski, discret lors des débats, «alors qu'on lui posait des questions précises».

De son côté, Walker Catherine Fabre a défendu la loi «plus solidaire, plus juste et plus juste», notamment pour les «femmes».

Pas de "coercition"

La plupart savent que l'opposition ne leur offrira "aucun cadeau".

"Nous serons également évalués pour notre capacité à préserver les nerfs", prévient la poussette.

Parce qu'après la commission un examen viendra à la session mi-février, où la tension peut atteindre son paroxysme.

Le président du groupe MoDem, Patrick Mignola, suggère de proposer un "dissuasif 49-3", une arme constitutionnelle qui vous permet de raccourcir les débats et d'adopter le texte sans voter.

Mais Marc Fesneau ne veut pas de «coercition». Le président du Sénat, Gérard Larcher (LR), conseille le gouvernement sur le dossier 49-3. Selon lui, "finit toujours mal".

Pendant ce temps, la bataille de rue se poursuivra: jeudi, de nouvelles compétitions interprofessionnelles seront annoncées qui nécessiteront le retrait du projet.

02/03/2020 19:45:09 –
Paris (AFP) –
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