Retraites: le choc a commencé à l'Assemblée

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La bataille contre la réforme des retraites a atteint l'Assemblée nationale le 3 février. L'une des caractéristiques les plus contestées de cette réforme reste le terme «universel», que le gouvernement préconise. Si l'on compte toutes les exceptions annoncées, le système universel ne gardera que le nom. Dans l'ensemble, ce projet reste incompris, plus de 60% des Français déclarant que le gouvernement doit se retirer de la réforme, et selon l'exécutif, cette réforme majeure devrait transformer le système de retraite dans les prochaines décennies. Cependant, il n'y a eu qu'une semaine entre sa présentation au Conseil des ministres et l'analyse des députés. Cependant, environ 22 000 amendements ont été déposés, dont plus de 19 713 par 17 députés de la France rebelle.

Laissé à l'offensive

Lundi, dans les trois heures, la commission a examiné 150 des 21 661 amendements à l'ordre du jour. Le groupe Jean-Luc Mélenchon adopte la stratégie de "l'obstruction" et explique la pratique de l'enthousiasme saisissant. L'objectif est de reporter l'examen de la loi à l'Assemblée nationale, prévu le 17 février selon une procédure accélérée. Sur Twitter, le député LREM Olivier Véran, rapporteur en chef des commissions des affaires sociales, a même accusé le LFI de pratiquer le "sadisme législatif". "Dans la rue, comme dans la salle de réunion: le combat continue", explique LFI. Dès le début du mouvement, la gauche, composée de socialistes et communistes rebelles, est restée unie contre le projet de loi. Les parties ont convenu de soumettre une motion de censure contre le gouvernement. Le PCF veut aller plus loin et demande un projet de loi référendaire. L'objectif affiché est le même pour tout le monde: "gagner du recul", comme l'a dit hier Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône au micro de France Info, disant qu'il était "passé à l'offensive". Le même slogan des socialistes qui restent "combats" a confié au député Boris Vallaud avant d'entrer en commission. Le combat continue, mais contre qui? Lors de l'arrestation directe, le secrétaire d'État aux Pensions, Laurent Pietraszewski, est resté silencieux pendant presque tous les débats. Peut-être, pour éviter une autre polémique, car comme le rappelait le député PCF Sébastien Jumel, se référant à "Playmobil sans cœur", les macronistes sont dans une confusion. Le dernier vote contre la prolongation du congé funéraire en cas de décès d'un enfant ne passe pas. Les Français, le Parlement et même le Conseil d'État … Ils forcent le passage, quitte à être seul contre tout le monde. Ceci est une confession du gouvernement. Pour rappel, la plus haute juridiction française a rendu un avis sévère sur le projet de réforme des retraites. Elle regrette également le temps passé à examiner la facture. Le résultat? "Pas de prévisions" et référence à 29 commandes, ce qui entraîne "une perte de visibilité globale". Le vote reporté? Le vote en première lecture du projet de loi est prévu pour le 3 mars – les débats se sont terminés le 6 mars en raison des élections. Pour le moment, il est difficile d'imaginer à quel point le vote pourrait être décent. Face à cette impasse, certains députés proches du Parlement n'hésitent plus à invoquer l'utilisation du 49.3. Cela signifie que l'exécutif introduirait la réforme actuelle sans débat ni vote. Si les marcheurs rejettent l'idée, "le gouvernement n'est pas en mauvaise posture lorsqu'il s'agit de siéger au Parlement", a expliqué Boris Vallaud.

Laureen Piddiu